HISTORIQUE DE CLERIEUX
Le nom de Clérieux d’où vient-il ?
Ses origines remontent à l’époque gallo-romaine. Clérieux était alors rattaché à la Gaule Narbonnaise.
Son nom viendrait de celui d’un propriétaire terrien Clarus et signifie le domaine ou les terres de Clarus.
Le nom de Clérieux a évolué au fil des siècles : Claria, Clariacum, Clayriacum, Cleriacum, Cleyrieu, Clerieu puis Clérieux.
La baronnie
La baronnie de Clérieux était un grand fief dauphinois qui comportait dix sept communes : Clérieu, Saint Bardoux, Veaunes , Marsas, Chanos et Curson, Beaumont Monteux, Roche de Glun, la seigneurerie de Chantemerle.Les arrières fiefs sont Claveyson ,Saint Jean de Mureils Montchenu, Baternay Miribel en Valclerieu, Margès , Mercurol ,Larnage et Croze.

Ainsi le territoire de Clérieux allait jusqu’aux portes de Romans.
Les seigneurs de Clérieux ont joué de bonne heure un rôle considérable.
Qui étaient-ils ?
Il est probable que les Clérieu descendent de la vieille et puissante lignée sénatoriale que certains nomment les Salvi-Didier. Cette famille tentaculaire a laissé des traces dans le midi de la Gaule et en Bourgogne mais la liaison généalogique avec la famille Clérieu n’a pas été effectuée.
A une époque plus récente, les Clérieu apparaissent possessionnés autour de Romans et sont très liés à l’abbaye Saint Barnard. Outre leurs domaines en Viennois, une branche des Clérieu tient des biens sur la rive droite du Rhône dans le pagus de Viviers et plus précisément dans les Boutières et dans la basse vallée de l’Ouvèze.
Leur dynastie a régné pendant plusieurs siècles de 930 à 1329.
Bien que très belliqueux, ils n’ont jamais pris part aux croisades.
Le plus connu d’entre eux, Roger II, s’est illustré en osant s’opposer au roi de France :
Dans les premiers jours de juillet 1248 Saint Louis part en croisade et se dirige en direction d’Aigues Mortes. Arrivé à la hauteur de la Roche de Glun, son équipage est arrêté par Roger qui, habitué à réclamer un droit de péage à tous les voyageurs circulant sur le Rhône ne craint pas de lever son tribut sur les croisés et de sommer le roi d’acquitter un droit. La réponse est violente. Il doit quitter son château, forcé de capituler après un siège de quelques jours. Le château est rasé mais Roger s’engageant à ne plus commettre d’exaction, Saint Louis consent à lui rendre (témoignage de Joinville).


Vers 930 : Silvion 1er
994 : Guillaume 1er
1123 : Silvion II
1170 : Guillaume III
1186 : Guillaume Grattepaille
1248 : Roger II
1256 : Silvion III
1280 : Roger III
1304 : Guillaume Graton
1329 : Guichard dernier des Clérieu.
Il meurt sans laisser de descendance. On assiste alors à l’extinction de la famille.
La baronnie passe entre les mains des comtes de Valentinois de la famille de Poitiers en 1404.Ainsi Jean de Poitiers et sa fille Diane seront seigneurs de Clérieux.
Vente de la baronnie : le 19 février 1594, Charles de Lorraine, duc d’Aumale, pair et grand veneur de France, petits fils de Diane de Poitiers, vendait pour le prix de six mille écus la terre et la baronnie de Clérieu et Chantemerle à Jean de Lacroix, seigneur de Chevrières.
La baronnie a déjà, à l’époque, une vocation industrielle : on y trouve des gauchoirs ou fabriques d’étoffes, laine, serge et draps puis sous le Premier Empire une filature de coton, trois moulins à soie, deux moulins à farine, deux ateliers de poterie et de taillanderie.
La taillanderie de la famille Commandeur existe toujours. Sa création remonte en 1847, à la fin du règne de Louis Philippe, dans le quartier de Viretard appelé ainsi en raison de la roue du moulin qui tournait tôt le matin et tard le soir. La taillanderie consiste en la fabrication d’outils propres à couper : serpes, rabots, cisailles etc…
La Révolution va transformer la baronnie en commune découpée en sept sections. En effet, le décret de l’assemblée nationale des 20, 22 et 23 novembre 1790 impose aux communes de former un état indicatif du nom des différentes divisions du territoire. Les officiers municipaux de la communauté de Clérieux et de Saint Bardoux se sont donc réunis le 10 février 1791 pour procéder à la division du territoire en sept sections :
1 section des Volaizes
2 section dite de Sablières et Royons
3 section dite de la Cautralle (ou Sautralle) ou bourg deClérieux
4 section dite des Théomes ou Elie
5 section dite Champlas St Baudille et le village de St Bardoux
6 section dite des Houlettes et Lapique
7 section dite du Voirazier et Balmes
Clérieux au Moyen Age
Clérieux était la capitale de la baronnie donc le siège du châtelain.
La juridiction comprenait divers officiers, un tribunal composé d’un juge, d’un lieutenant, d’un procureur, d’un greffier et d’un sergent. Elle avait compétence en matière de procès civils et criminels. Elle faisait fonction de Cour d’Appel depuis l’an 1343. On pouvait trouver la prison, le pilori dans ce qui correspond actuellement au bas de la rue des Remparts.
La première église dédiée à Sainte Catherine s’élevait à côté du château fort (au centre du village au bout de la motte castrale). Très petite, rapidement elle ne convient plus aux besoins de la population et a été livrée à l’abandon (elle n’existait plus à la mort de Diane de Poitiers).
On assiste à la construction d’un nouvel édifice de style ogival sous le vocable de Notre Dame avec son cimetière contiguë (à l’emplacement de notre église)
Clérieux, un bourg médiéval
Le bourg était adossé à la motte castrale encadré par une épaisse muraille flanquée de tours (Loyve, Four Banal, Massalières, Fauries).
Les voies : certaines débouchent directement sur les portes, d’autres relient des quartiers éloignés. Les rues du Four Banal, de l’Orme, du Péannez, Massalières, Chalon Mors et de la Forge (ou Farge) sont les plus animées.
Les places : il existait plusieurs places.
Une devant le Four Banal.
La place publique : où se dressait le pilori, se tenaient les encans et les assemblées délibérantes, où on pouvait entendre les proclamations à son de trompe.
La place de l’Orme avait un caractère festif : on y organisait des jeux et des danses.
Occupation du site de Clérieux
L’occupation du site de Clérieux est fort ancienne.
On peut répertorier plusieurs sites archéologiques :
Site n°1- les Sablières
Traces d’occupations préhistoriques.
Importante nécropole gallo-romaine fouillée lors de l’opération TGV.
Deux occupations funéraires se succèdent :l’une au milieu du premier siècle de notre ère liée à un mausolée placé au centre d’un enclos sépulcral et la seconde au cours des II et IIIèmes siècles sans continuité entre ces deux phases.
Site n°2-château et bourg de Clérieux
Les premières mentions apparaissent dans le cartulaire de Romans aux 11 et 12èmes siècles alors que Clérieux est chef lieu d’un ager (agro Clarensi 939) cartulaire de Romans)
Le château appartenant à la famille éponyme est hommagé en 1327 par Guichard à Guigues, dauphin de Viennois et passe à partir de 1336 aux comtes de Valentinois. Le château sur motte originelle est remplacé par un château de pierre. Puis, un bourg castral se développe entouré d’une enceinte. L’ancienne église dédiée à la Vierge ne devient paroissiale que lors de la démolition de l’ancienne chapelle castrale Sainte Catherine au XVème.
Site n°3-cimetière Saint Michel
Mention d’archives du milieu du XVème de l’église paroissiale St Michel et de son cimetière. Découverte lors de travaux de plantation d’une vigne (1870) et en 1992 de sépultures gallo-romaines et du haut moyen âge (burgondes).
Site n°4-Bouvier
Site gaulois et gallo-romain (trous de poteaux, céramiques et monnaies) site fouillé sur le tracé TGV
Site n°5-St Jean-Chatillon
La chapelle St Jean aujourd’hui en ruine contenait une sépulture en pleine terre avec pégau, deux coquilles de pecten de Méditerranée et un bourdon (baton de pèlerin) à l’extrémité ferrée datant du 12 ou 13ème siècles (fouilles en 1978). Elle était accompagnée de deux autres tombes en pleine terre. Elle était probablement incluse dans une fortification de terre avec motte, fosse et basse cour dominant l’Herbasse.
Sources :
Travaux de l’association Patrimoine Culture et Traditions de Clérieux
Clérieux en Dauphiné Anatole de Gallier
Notice sur Clérieux de l’abbé Vincent
Rapport des fouilles archéologiques préventives (chantier TGV)
Rapport Chantal Mazard
Etude généalogique d’Hélène et Thierry Blanco
Mémoire sur Saint Louis Joinville
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